GUIDE POUR UNE APPROCHE D’IMPROVISATION À LA BATTERIE

 

guide_improLA LIBERTÉ D’ÊTRE SOI .

Un instrument de musique et, surtout un instrument tel que la batterie constitué lui-même de plusieurs instruments (des tambours, des cymbales) ne peut être abordé sans une grande attention au corps, sans une grande attention à la musique  de chaque instant en vue de dédramatiser toutes les contraintes liées au développement  de l’instrument.
Tout d’abord, oublier les peurs . Peurs de jouer, peurs de rater, peurs du professeur, peur du jugement de l’autre, peur de l’échec et aussi, l’heure venue, peurs du public.
Ce qui n’est pas le trac car lui est nécessaire .
La souffrance provoquée par les peurs s’entend parfois dès que le musicien s’assoit derrière son instrument, quand il prend ses baguettes, balais, mailloches ou autres accessoires. En un mot lorsqu’il envisage de s’exprimer. La sonorité est alors  pauvre, le son ne vibre pas, la relation bois métal et bois peaux est en déséquilibre. Comme si nous avions un musicien sur les cymbales et un autre sur les caisses refusant de s’écouter l’un l’autre.
Est–il normal que des musiciens ne puissent pas envisager sans angoisses le plus petit solo ?
Est-il normal  de se réfugier derrière les difficultés de coordination, d’indépendance des quatre membres pour expliquer un piétinement technique ?
Cultivons l’audace créative.
Cultivons l’intelligence musicale en réalisant une relation vraie avec ses sentiments artistiques et pour cela pratiquons l’improvisation régulièrement, parallèlement à un travail quotidien.
Cultivons la liberté d’être soi batteuristiquement, artistiquement.

LA TECHNIQUE

Il nous faut donc apprendre à pratiquer en souplesse et à vivre pleinement la musique qu’il y a dans le plus petit exercice. Ainsi le travail réalisé dans le plaisir musical sera d’un grand bénéfice.
Les tensions excessives  ainsi que les inquiétudes prennent parfois trop de place et empêche de se réaliser musicalement :

Ne pas surestimer les problèmes techniques, pratiquer simplement et régulièrement (la régularité est un facteur essentiel).
Garder en tête la priorité musicale et ainsi la technique suivra le chemin qui nous est nécessaires.
Accordons du temps au temps.
Chanter la partition avant de la jouer est essentiel, entendre la/les phrases est indispensable.
Après , tout est beaucoup plus limpide.
Chaque musicien batteur est unique.
Chaque musicien batteur  doit trouver sa voie.

Certains musiciens ont déjà vécu des années de pratique, d’autre beaucoup moins, mais dans tous les cas, peu de technique n’empêche pas de découvrir et pratiquer le plaisir de l’improvisation.
Improviser sur une structure, sur un mouvement répétitif, ou simplement librement en adéquation avec le sentiment artistique souhaité rend l’étude instrumentale lumineuse.
Des années de pratique sans joie et sans imagination risquent d’user. Le but n’est pas obligatoirement  d’être le meilleur au regard des autres sans que puisse être maintenu le bonheur de jouer.
Il faut absolument exister à l’intérieur de la musique que l’on interprète afin de dire, de raconter ce quelque chose d’original.
Il est bon de s’appuyer sur une technique batteuristique absolument logique  et fiable, affinée à l’extrême, et surtout, bien vécue.

LE PLAISIR DE JOUER

Tous les instruments d’une batterie doivent être vécus ensemble vers la même réalisation. Cela est essentiel pour le son, essentiel au plaisir de jouer.
Malheureusement (parfois) après bien des déceptions, de travail trop acharné et mal orienté, l’espoir de progrès s’absente . Après  tant et tant de combats se développe alors le sentiment d’être resté à la porte du PLAISIR MUSICAL  et là peut commencer un drame pouvant mener à l’abandon.

Surtout, pas de pratique aveugle. Des heures de pratique sans réfléchir ne mènent à rien. Pratiquer obstinément pour l’objectif d’un examen, d’un groupe, d’un style ne suffit pas si le musicien ne se construit pas en lui même, en parallèle de sa pratique instrumentale ; si rien n’est vraiment vécu avec amour et plaisir, il ne saura pas qui il est, pire, il ne saura pas ce qu’il aime vraiment artistiquement.
Je me souviens des recherches que nous faisions sur l’instrument dans la plus grande joie avec mes professeurs DANTE AGOSTINI et KENNY CLARKE  alors qu’il écrivaient en compagnie d’une poignée d’élèves ( dont j’ai eu la chance d’être) les méthodes aujourd’hui tant pratiquées dans le monde mais, il me semble, pas toujours  en joie musicale évidente comme nous le vivions, comme nous l’écrivions.
Nous ne savions rien, si ce n’est le plaisir de jouer, la volonté de pratiquer, de progresser, de chercher ce que sentions en nous.
Avec eux j’ai fais mes premières vraies rencontre artistiques, ELVIN JONES, MAX ROACH restent des souvenirs de grand bonheur aujourd’hui encore déterminant sur les plans batteuristique, musical et humain. Après beaucoup d’autres rencontres sont venues. Un problème technique a toujours une réponse.

Ma réflexion est le fruit d’une longue histoire d’amour totalement engagée dans la musique, le plaisir de jouer, de la dialectique d’une pratique instrumentale, du geste, du son…

La vraie technique d’un instrumentiste est le son.

Dans la musique en général , seule compte l’expérience vécue dans la durée, ainsi  la musique, la batterie deviennent une authentique voie de réalisation qui permet à ceux qui la cherchent vraiment avec le cœur, d’accéder à eux-mêmes et de faire vibrer leur tambour intérieur.